Biodiversité : Faune et Flore

Cette aire protégée offre une flore unique et très diversifiée : on peut ainsi y rencontrer des peuplements de Chêne vert et de Thuya, des écosystèmes à Genévrier rouge et thurifère, mais également des xérophytes épineuses en coussinets et de très belles pelouses humides d’altitude caractéristiques du Haut Atlas. De plus, le Parc National de Toubkal renferme près de 24 espèces floristiques strictement endémiques à la zone.

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Cette diversité floristique et écosystémique a permis l’existence d’une faune très variée au niveau du PNTb, parc qui se distingue surtout par la présence de la plus importante population de Mouflon à manchettes de l’Afrique du Nord.

Quant à l’avifaune nicheuse, très riche, elle comprend près de 95 espèces, avec la présence d’oiseaux tout à fait remarquables comme l’Aigle royal, le Gypaète barbu, l’Accenteur alpin ou le Bouvreuil à ailes roses.

L’herpétofaune s’inscrit aussi directement dans le cadre des valeurs biologiques dont recèle le PNTb, avec un taux d’endémisme élevé, et certaines espèces très rares ou endémiques comme la Couleuvre de Schokar ou la Vipère de l’Atlas.

A noter également la présence de 9 espèces de Papillons endémiques au parc ou au Haut Atlas, tel que le Cuivré de l’Atlas.

Region du Toubkal, Maroc Photo du catalogue crŽer comme reference pour le Parc National du Toubkal Photo by Alan Keohane www.still-images.netCuivré de l'Atlas

Paysages

Tout en ayant un climat général de type méditerranéen, le Parc National de Toubkal présente 4 bioclimats différents : le semi-aride, le subhumide, l’humide et le très froid de haute montagne. Les précipitations annuelles s’élèvent de 550 mm (basse altitude) à plus de 900 mm (haute altitude), avec un enneigement régulier dont l’importance et la durée varient selon les saisons et les années.

Le climat détermine un couvert végétal riche et diversifié comprenant 3 écosystèmes différents : les formations forestières (qui couvrent des zones entre 1.200 m à plus de 3.000 m d’altitude), les zones humides (cours d’eau permanents et temporaires, pelouses humides, lac Ifni) et les zones asylvatiques (qui occupent les plateaux et les versants situés au-dessus de 2.400 m d’altitude au Nord, et 3.000 m au Sud).

Le paysage du Parc National de Toubkal est ainsi caractérisé par des sommets rarement aigus, de larges plateaux, d’énormes escarpements et de profondes vallées et gorges. Les roches d’origine volcanique sont parmi les plus curieuses et les plus remarquables que les randonneurs peuvent apprécier : dénudées et sombres, ces roches dures sont l’objet d’intenses fissures et fragmentations, formant de vastes pentes d’éboulis. Un mémorable souvenir pour ceux qui fréquentent ces montagnes.

Toubkal National Park, High Atlas Mts, Photo by Alan Keohane www.still-images.net

Toubkal National Park, High Atlas Mts, Photo by Alan Keohane www.still-images.net

Vallées et douars

Les habitants du Parc National de Toubkal

La région du Parc National de Toubkal est actuellement peuplée par quatre tribus amazighes occupant des zones qui, tout en suivant des limites naturelles, ne sont pas strictes : Ourika qui peuple la partie Nord-est du parc, Rhérhaya la partie centrale, Goundafa la partie Ouest et Aït Ouaouzguite la partie Sud. Comme cela est le cas pour de nombreuses sociétés vivant dans les montagnes, leurs traditions, leur culture et leur langue (Tachelhit) ont très peu changé.

Region du Toubkal, Maroc Photo du catalogue crŽer comme reference pour le Parc National du Toubkal Photo by Alan Keohane www.still-images.netRegion du Toubkal, Maroc Photo du catalogue crŽer comme reference pour le Parc National du Toubkal Photo by Alan Keohane www.still-images.net

L’agriculture de montagne

Les terres sont exploitées par les familles et les tribus des villages pour les pâturages et les cultures. Certains champs sont irrigués avec l’eau des ruisseaux ou oueds à l’aide de canaux d’irrigation bien entretenus (Targa), permettant ainsi deux cultures par an. Afin d’optimiser l’espace et exploiter au mieux les terres disponibles, celles-ci sont aménagées en terrasses. Quand les terrasses sont trop petites pour être cultivées, elles sont plantées essentiellement en noyers. Et récemment, de nouveaux arbres fruitiers ont été introduits : pommiers, cerisiers, pêchers, pruniers, etc.

Region du Toubkal, Maroc Photo du catalogue crŽer comme reference pour le Parc National du Toubkal Photo by Alan Keohane www.still-images.net

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Les produits du terroir

La période des moissons est marquée par une grande activité : les céréales (orge et blé) sont moissonnées manuellement et ramenées au douar (ou village) où elles sont battues à l’aide de mulets. Elles sont ensuite stockées dans des greniers personnels ou dans un collectif qui est gardé par un habitant de confiance du douar. Les grains de céréales sont moulus manuellement dans la plupart des douars. Cependant, certains villages situés près d’un cours d’eau possèdent un moulin à eau collectif.

Les noix sont des mets de choix et constituent une bonne partie de l’alimentation. Elles sont parfois séchées pour leur conservation. Les productions animales (essentiellement poulet, œuf, viande, lait et dérivés comme le beurre ou le smen) sont réservées à certaines occasions.

La vente d’une partie des productions agricoles sur les marchés et les souks hebdomadaires contribue à améliorer les revenus, pour l’acquisition de ce qui n’est pas produit localement.

Region du Toubkal, Maroc Photo du catalogue crŽer comme reference pour le Parc National du Toubkal Photo by Alan Keohane www.still-images.net

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L’architecture des douars

Un douar comprend généralement des habitations pour quelques dizaines à quelques centaines de personnes, une mosquée avec son école coranique (Timzguida), une aire de battage de céréales (Anerar), parfois un grenier collectif connu sous le nom de Ighrem ou Agadir, et rarement une boutique vendant des produits de première nécessité. Quelques fois, il y a aussi une ou plusieurs classes d’une école primaire et le lieu de réunion de la Jemaa (assemblée villageoise) qui est de plus en plus remplacée par des associations locales et autres structures administratives modernes.

Traditionnellement, les maisons du douar sont construites en matériaux locaux : pierres, bois, terre et parfois pisé (mélange de boue et de paille), leur toit étant fait de troncs d’arbres locaux (genévrier, pin, noyer, peuplier). Elles sont disposées en terrasses, à flanc de montagne, blotties verticalement les unes contre les autres, par manque d’espace constructible. Chaque unité familiale vit séparément dans plusieurs pièces autour d’une cou intérieure, mais par manque d’espace, les pièces sont de plus en plus disposées en étages.

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L’Histoire ancestrale des transhumants

Les premiers habitants du Parc National de Toubkal vivaient de la chasse et de la cueillette. Les premiers à se sédentariser étaient un tribu nomade, les Masmouda, qui constituaient avec les Senhaja et les Zenata, les trois grands groupements amazighs au Maroc.

Devenus éleveurs puis agriculteurs, ils défendaient farouchement leur territoire. Et pour pouvoir bénéficier des maigres pâturages, ils menaient leurs troupeaux de plus en plus haut dans les zones d’alpage. Graduellement, cette transhumance vers les régions hautes est devenue un événement célébré par une cérémonie annuelle.

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Les gravures rupestres : témoignage du passé

Entre l’âge de pierre et l’âge de bronze, des artistes pasteurs transhumants ont gravé de nombreuses figures sous forme de gravures rupestres, témoignant de leur mode de vie.

On peut encore observer aujourd’hui, notamment dans la région de l’Oukaïmeden, des illustrations d’armes métalliques avec des hallebardes, des poignards, des pointes et des boucliers. Dans ces illustrations, la faune domestique et sauvage est également bien représentée : bovidés, éléphants, félins, serpents, etc. De même, les figures anthropomorphiques sont nombreuses.

On ne sait pas avec certitude quels outils étaient utilisés pour réaliser ces gravures, mais des chercheurs pensent que ces artistes utilisaient des ciseaux en silex.

Pour découvrir ce joyau et en savoir plus sur son histoire, n’hésitez pas à pousser les portes du Centre d’Initiation à l’Environnement à Oukaïmeden ou à faire appel à M. Ali AÏT ELHAJ, Conservateur des gravures rupestres (Parc National des Gravures Rupestres).

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